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Rio Tinto étudie une batterie thermique de 360 MWh

Rio Tinto et Rondo Energy ont lancé les études d’ingénierie préliminaire d’une batterie thermique de 30 MW et 360 MWh pour la raffinerie d’alumine de Yarwun, en Australie. Le projet reste à l’étude et devra démontrer sa viabilité technique et économique avant toute construction.

Blocs réfractaires, conduites de vapeur et flux électriques stylisés

Rio Tinto et Rondo Energy ont commencé les études d’ingénierie préliminaire d’un système de stockage thermique destiné à la raffinerie d’alumine de Yarwun, près de Gladstone, dans le Queensland australien. Le projet prévoit d’intégrer une batterie thermique de 30 MW et 360 MWh au réseau de vapeur existant du site.

À ce stade, il ne s’agit pas encore d’une installation construite ni d’une décision définitive d’investissement. L’étude doit déterminer si cette solution peut fournir une partie de la vapeur nécessaire aux opérations de raffinage, tout en répondant aux exigences de fiabilité, d’intégration et de coût d’un site industriel en fonctionnement.

Une batterie pour stocker de la chaleur

La technologie proposée par Rondo Energy convertit de l’électricité en chaleur à haute température. Selon l’entreprise, cette chaleur est stockée dans des matériaux réfractaires, notamment des briques conçues pour conserver l’énergie thermique, puis restituée lorsque le procédé industriel en a besoin.

Le système pourrait utiliser de l’électricité du réseau produite pendant les périodes de forte production solaire ou éolienne. La chaleur serait ensuite délivrée sous forme de vapeur ou d’air chaud, avec une température pouvant atteindre 1 000 °C selon les spécifications communiquées par Rondo. Le stockage doit permettre de décaler dans le temps la consommation électrique, afin de fournir de la chaleur même lorsque la production renouvelable est plus faible.

Rondo affirme que ses batteries thermiques affichent un rendement aller-retour supérieur à 98 %. Ce chiffre correspond à la revendication du fabricant et devra être apprécié dans les conditions concrètes d’une intégration à la raffinerie de Yarwun. L’étude annoncée doit notamment examiner les performances réelles du système, son raccordement au réseau de vapeur et son intérêt économique.

Un projet encore au stade de l’ingénierie

La première phase porte sur le front-end engineering and design, ou FEED. Cette étape sert à préciser la conception, les interfaces avec les équipements existants, les besoins en électricité et les conditions d’exploitation avant une éventuelle construction.

Le projet bénéficie d’un soutien de l’Australian Renewable Energy Agency, l’agence australienne chargée de soutenir les technologies liées aux énergies renouvelables. Le financement prévoit d’abord 3,6 millions de dollars australiens pour achever les études d’ingénierie. Si le projet est retenu, jusqu’à 38 millions de dollars australiens pourraient ensuite être mobilisés pour la construction et la mise en service. Une enveloppe conditionnelle pouvant atteindre 33,3 millions de dollars australiens est également prévue pour les imprévus.

Ces montants ne signifient pas que la batterie sera automatiquement construite. Une décision ultérieure devra confirmer la faisabilité technique et économique du projet. L’agence australienne souligne que les systèmes de stockage thermique doivent encore être testés dans des environnements industriels à grande échelle avant une adoption plus large.

Réduire l’usage des combustibles fossiles

Le raffinage de l’alumine nécessite d’importantes quantités de chaleur et de vapeur sous pression. Cette demande rend la décarbonation des installations plus complexe que dans des secteurs où l’électricité peut remplacer directement un moteur ou une chaudière.

À Yarwun, la batterie thermique ne modifierait pas le fonctionnement des procédés industriels eux-mêmes. Elle serait connectée au réseau de vapeur existant et chercherait à remplacer une partie de l’énergie fossile actuellement utilisée pour produire cette vapeur par de l’électricité stockée sous forme de chaleur.

Rio Tinto estime que, si le projet est mené à bien, les émissions du site pourraient diminuer d’environ 67 000 tonnes de dioxyde de carbone par an. Cette estimation reste toutefois conditionnelle à la réalisation du projet et à ses performances opérationnelles. Elle ne constitue pas un résultat déjà obtenu.

Pour le groupe minier, l’enjeu dépasse la seule raffinerie de Yarwun. Une démonstration concluante pourrait fournir des données sur l’utilisation du stockage thermique dans d’autres industries consommant de la chaleur à haute température. Le principal intérêt de cette approche est de dissocier la production d’électricité de la demande instantanée de chaleur, sans imposer nécessairement une refonte complète des équipements de production.

Une validation attendue en conditions réelles

Le projet sera présenté comme l’une des premières démonstrations de stockage thermique industriel à grande échelle pour la chaleur de procédé, et comme une première pour l’industrie de l’alumine si sa construction aboutit. Ces formulations décrivent un objectif de démonstration, non une preuve d’adoption industrielle généralisée.

Les prochaines étapes devront préciser la capacité du système à fonctionner avec les contraintes de la raffinerie, sa disponibilité, sa compatibilité avec le réseau de vapeur et son coût total. Elles permettront aussi de mesurer dans quelle mesure une batterie thermique peut contribuer à l’électrification d’un procédé continu, dépendant d’une alimentation fiable.

Yarwun constitue donc un projet pilote industriel en phase d’étude. Son intérêt dépendra moins de la seule capacité annoncée de 360 MWh que de la qualité de son intégration et de ses résultats dans un environnement où la continuité de production reste prioritaire.

Source : Rio Tinto plans 360 MWh thermal battery for Australian alumina refinery