Le Rwanda a ouvert un appel d’offres pour la construction d’une centrale solaire flottante de 200 MW, associée à un système de stockage d’énergie par batteries de 800 MWh. Le projet doit être implanté sur le lac Sake, dans le district de Ngoma, au sein de la province orientale du pays.
L’appel est lancé par l’Energy Development Corporation Limited (EDCL), une filiale du groupe public Rwanda Energy Group (REG). Il s’agit à ce stade d’une procédure de préqualification : aucun développeur n’a encore été sélectionné et le projet ne constitue donc pas une installation en construction ou en exploitation.
Un projet structuré comme un producteur indépendant
Le futur projet doit être développé selon un modèle d’independent power producer, ou producteur indépendant d’électricité. Le développeur retenu devra conclure un contrat d’achat d’électricité à long terme avec l’Energy Utility Corporation Limited (EUCL), une autre filiale de REG, qui agira comme acheteur de l’électricité produite.
Le candidat sélectionné serait responsable de l’ensemble de la chaîne de réalisation et d’exploitation : conception, fourniture des équipements, installation, essais, mise en service, exploitation et maintenance de la centrale photovoltaïque flottante et du système de batteries. Les entreprises intéressées doivent notamment justifier d’au moins dix années d’expérience dans la conception, la construction et la gestion de centrales renouvelables.
La procédure prévoit des exigences administratives, techniques et financières. Les producteurs indépendants doivent d’abord démontrer leur capacité à mener un projet d’une telle dimension avant de pouvoir participer aux étapes ultérieures de l’appel d’offres.
Une capacité solaire encore limitée au Rwanda
Le calendrier communiqué prévoit une visite du site pour les candidats potentiels le 23 octobre. La date limite de remise des premières candidatures électroniques est fixée au 12 novembre. La source ne précise ni le calendrier de construction, ni la technologie électrochimique qui sera retenue pour les batteries, ni la puissance de raccordement du système de stockage.
Avec 200 MW de photovoltaïque flottant et 800 MWh de batteries, le projet représenterait une capacité nettement supérieure au parc solaire actuellement exploité dans le pays. Selon les données recensées par l’Africa Solar Industry Association, le Rwanda comptait 47,5 MW de capacités solaires opérationnelles au moment de la publication de l’appel.
Les capacités annoncées correspondent à deux dimensions différentes. Les 200 MW désignent la puissance maximale de production électrique de la centrale solaire dans des conditions données. Les 800 MWh indiquent la quantité d’énergie que le système de batteries pourrait stocker selon sa configuration et ses paramètres d’exploitation. La durée pendant laquelle les batteries pourraient restituer leur puissance nominale ne peut pas être déduite du seul résumé de l’appel d’offres.
Le solaire flottant reste peu déployé en Afrique
Le solaire flottant consiste à installer des modules photovoltaïques sur des plateformes placées à la surface d’un plan d’eau. Cette approche peut limiter l’utilisation de terrains disponibles pour d’autres usages, mais elle impose aussi de traiter des contraintes spécifiques liées à l’ancrage, aux variations du niveau de l’eau, à la corrosion, à la maintenance et au raccordement électrique.
Le continent africain compte encore relativement peu de centrales photovoltaïques flottantes en exploitation. Une étude publiée en 2023 estimait toutefois qu’une partie des réservoirs artificiels africains pourrait accueillir d’importantes capacités solaires. Cette estimation décrit un potentiel théorique et ne préjuge pas de la faisabilité économique, environnementale ou technique de chaque site.
Plusieurs projets de grande taille sont également annoncés ou en développement dans d’autres pays africains. Au Zimbabwe, un projet flottant de 600 MW sur le lac Kariba a été présenté comme le plus important projet de ce type en développement sur le continent, avec une première phase annoncée de 150 MW. Ces annonces restent distinctes du projet rwandais et ne constituent pas une preuve de réalisation.
Un appel d’offres, pas encore une centrale
Le projet du lac Sake se trouve donc au stade de la mise en concurrence des développeurs. Son évolution dépendra de la sélection d’un candidat, de la signature des accords contractuels, des autorisations nécessaires, du financement et des études techniques et environnementales. L’appel d’offres établit une capacité visée et un cadre de développement, mais il ne permet pas encore de conclure à une construction certaine ni à une date de mise en service.
Source : Rwanda tenders 200 MW floating PV, 800 MWh BESS project
