La NASA a remis en lumière, le 24 octobre 2026, une photographie prise par la mission Rosetta près de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Surnommée « Rosetta’s Selfie », l’image a été capturée le 7 octobre 2014, alors que la sonde se trouvait à environ 16 kilomètres de la surface du noyau cométaire.
La scène montre la proximité entre l’orbiteur et la comète, dont le noyau à deux lobes apparaît en arrière-plan. Au-dessus de la forme irrégulière du noyau, de la poussière et du gaz s’éloignent de la surface. La photographie documente ainsi une phase de la mission durant laquelle Rosetta observait directement l’environnement de 67P avant la séparation de Philae.
Une image prise depuis Philae
Cette vue n’a pas été réalisée par une caméra quelconque de l’orbiteur. Elle provient du système CIVA, installé sur l’atterrisseur Philae alors que celui-ci était encore fixé à Rosetta. La prise de vue repose sur la combinaison de deux expositions, l’une courte et l’autre longue, afin d’enregistrer une scène présentant un contraste important entre la lumière solaire, la sonde et les zones plus sombres de la comète.
Le résultat fait apparaître un reflet lumineux sur l’un des panneaux solaires de Rosetta. Le panneau visible mesure 14 mètres de long. Cette indication donne une échelle à la scène, sans transformer l’image en photographie prise depuis la surface de 67P : au moment de la capture, Philae n’avait pas encore quitté l’orbiteur.
La dernière image de Philae avant sa séparation
Selon l’explication publiée avec l’image, cette photographie est la dernière réalisée par la caméra de Philae avant la séparation de l’atterrisseur. La séparation est intervenue le 12 novembre 2014. Le site d’atterrissage principal retenu pour Philae se trouvait sur la partie visible du plus petit lobe du noyau cométaire.
La chronologie est importante pour comprendre ce que montre le cliché. Le 7 octobre, Philae est encore attaché à Rosetta et son instrument CIVA peut photographier l’orbiteur à courte distance. Le 12 novembre, l’atterrisseur se sépare et commence sa descente vers le noyau. Peu après cette séparation, Philae prend une autre image en regardant vers Rosetta.
Le selfie présenté par la NASA ne constitue donc pas une nouvelle observation de la comète. Il s’agit d’une archive produite pendant la mission, remise en circulation dans le cadre de l’Astronomy Picture of the Day. Sa valeur tient à la combinaison de plusieurs éléments visibles au même endroit : l’orbiteur, ses panneaux solaires, la structure bilobée de 67P et les émissions de poussière et de gaz qui s’en échappent.
Ce que l’image permet de situer
La photographie rappelle d’abord la distance opérationnelle de Rosetta par rapport à la comète : environ 16 kilomètres de la surface au moment de la prise de vue. Dans le même temps, la sonde se trouvait à environ 472 millions de kilomètres de la Terre. Ces deux distances décrivent deux échelles différentes de la mission : une observation rapprochée du noyau cométaire, menée très loin de notre planète.
Le cadrage rend également perceptible la géométrie particulière de 67P. Le noyau est décrit comme possédant deux lobes, tandis que la poussière et le gaz s’étendent au-delà de la silhouette principale. L’éclairage intense et le contraste entre les expositions donnent à la scène un aspect spectaculaire, mais les éléments essentiels restent ceux d’une image instrumentale prise dans le cadre de la mission.
Une archive qui documente le passage vers l’atterrissage
La conséquence concrète de cette archive est de fixer un instant précis avant une étape majeure de la mission : le passage d’un atterrisseur attaché à son orbiteur à une phase de descente autonome vers la comète. Elle montre aussi que le système CIVA a produit une dernière vue de Rosetta avant cette séparation.
L’image ne permet pas, à elle seule, de déduire de nouvelles performances ou de nouveaux résultats scientifiques. Elle établit en revanche une chronologie visuelle claire : Rosetta se trouve à proximité de 67P, Philae est encore fixé à la sonde, et la séparation du 12 novembre 2014 se prépare. Plus de dix ans après la prise de vue, la publication de la NASA transforme donc une archive de mission en document accessible sur la configuration de Rosetta et de Philae avant leur étape suivante.
Source : science.nasa.gov
