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El Niño fracture l’ensoleillement solaire en Amérique du Sud

L’irradiance solaire de septembre est restée proche de la normale à l’échelle de l’Amérique du Sud, mais cette moyenne masque de forts écarts régionaux. Le sud-est du Brésil et certaines zones de Patagonie ont enregistré un déficit marqué, tandis que le nord du continent a bénéficié d’un ensoleillement supérieur à la moyenne.

Continent abstrait partagé entre nuages denses et zones lumineuses

À l’échelle de l’Amérique du Sud, l’irradiance solaire de septembre est restée proche des normales. Cette moyenne continentale masque toutefois des écarts importants entre les régions, selon une analyse de Solcast, entreprise spécialisée dans les données d’irradiance et filiale de DNV. Le sud-est du Brésil a connu un déficit marqué, alors que la plupart des régions septentrionales ont reçu davantage de rayonnement solaire que d’habitude.

L’analyse s’appuie sur l’irradiance horizontale globale, ou GHI, un indicateur qui mesure le rayonnement solaire reçu sur une surface horizontale. Solcast compare les niveaux observés en septembre 2026 à la moyenne de la période 2007-2025. Dans le sud-est brésilien, le déficit atteint 20 à 24 % par rapport à cette référence. La steppe de Patagonie et la Terre de Feu affichent, de leur côté, un niveau inférieur d’environ 19 % à la normale.

Le sud-est du Brésil particulièrement exposé

Le déficit brésilien se concentre autour de l’État de São Paulo et s’étend jusqu’à Rio de Janeiro. Cette baisse de l’irradiance coïncide avec une période exceptionnellement humide. Rio de Janeiro a enregistré son mois de septembre le plus arrosé depuis le début des relevés disponibles en 1997, avec de fortes pluies, des orages et de la grêle.

La relation entre précipitations et rayonnement solaire est directe : une couverture nuageuse persistante réduit la quantité de lumière atteignant le sol. Solcast relie ce schéma à un renforcement possible de la zone de convergence de l’Atlantique Sud, une bande nuageuse et pluvieuse qui s’étend généralement du bassin amazonien vers l’océan Atlantique.

Le sud-est du Brésil présente un intérêt particulier pour le secteur photovoltaïque. Il concentre une part importante des installations solaires de grande taille et des systèmes distribués du pays. Une baisse locale de l’irradiance peut donc peser davantage sur la production électrique régionale que ne le suggère la moyenne calculée pour l’ensemble du continent. L’analyse fournie ne chiffre toutefois pas la baisse de production des centrales et ne constitue pas un bilan national de l’électricité solaire produite.

Un contraste avec le nord et l’ouest de la Patagonie

Dans la plupart des régions du nord de l’Amérique du Sud, l’ensoleillement a été supérieur aux niveaux habituels. Une petite zone proche de l’Équateur a même affiché une GHI environ 20 % plus élevée que la normale. Ces résultats ne compensent pas nécessairement les déficits constatés ailleurs, car les écarts varient selon la superficie des zones concernées et la capacité solaire qui y est installée.

Le sud du continent présente un autre contraste. La steppe de Patagonie et la Terre de Feu ont connu une baisse de l’irradiance comparable à celle mesurée dans le sud-est du Brésil, malgré la distance qui sépare ces territoires. À l’inverse, l’ouest de la Patagonie a été beaucoup plus ensoleillé que d’ordinaire. La cordillère des Andes semble avoir accentué la séparation entre les deux zones, en influençant la circulation des nuages et des précipitations.

El Niño, un facteur parmi plusieurs

Solcast identifie le renforcement rapide d’El Niño comme une influence à grande échelle susceptible d’avoir modifié les régimes de pluie, de sécheresse et de nébulosité, de l’Amazonie à la Patagonie. Le Climate Prediction Center de la NOAA maintient une alerte El Niño depuis juin et prévoit, selon les informations rapportées, une probabilité de 80 % que l’épisode reste fort à très fort jusqu’au début de 2027.

L’Organisation météorologique mondiale avait également signalé des changements importants possibles dans les précipitations sud-américaines entre septembre et novembre. Des pluies supérieures à la normale étaient attendues dans le sud du Brésil, tandis que le risque de sécheresse et de chaleur extrême augmentait dans l’Amazonie, en Colombie et dans le nord du continent.

Ces éléments ne permettent pas d’attribuer directement chaque anomalie observée à El Niño. Solcast souligne que plusieurs mécanismes atmosphériques peuvent agir simultanément et que les effets du phénomène varient selon la saison et la région. La comparaison avec septembre 2015, année marquée par un épisode d’El Niño particulièrement intense, montre d’ailleurs des ressemblances générales mais aussi des différences locales significatives.

Des données utiles pour prévoir la production solaire

Solcast produit ses estimations en combinant des données satellitaires sur les nuages et les aérosols avec des algorithmes d’apprentissage automatique. Le système suit ces paramètres à une résolution annoncée de un à deux kilomètres et les injecte dans des modèles d’irradiance. L’entreprise indique que ses données sont utilisées par plus de 350 sociétés gérant au total plus de 350 GW d’actifs solaires.

Ce type d’analyse ne modifie pas les performances des panneaux et ne constitue pas une nouvelle technologie de production. Il fournit plutôt une lecture régionale des conditions météorologiques susceptibles d’influencer les centrales photovoltaïques, les prévisions de production et la planification des réseaux. Sa valeur dépend donc de la qualité des données satellitaires, des modèles employés et de la capacité à distinguer les effets d’El Niño des autres phénomènes atmosphériques.

Source : Strengthening El Niño splits South America’s September solar exposure