Electric Plant veut transformer les signaux électriques des plantes en données exploitables. La startup, fondée par Justin Mast et Lee von Kraus, développe Bombadil, un grand modèle de langage conçu pour interpréter les variations électriques qui circulent dans les tiges et transmettre des informations sur les besoins des végétaux.
Selon les informations communiquées à TechCrunch, Electric Plant a récemment levé 11,2 millions de dollars lors d’un tour de financement d’amorçage. L’opération est menée par Onto Ventures et Climactic, avec la participation de Ponderosa, Endeavor Catalyst, Ludlow, Michigan Rise, The Fund, Schox VC et Dug Song.
Des signaux électriques au suivi des cultures
Le projet trouve son origine dans une expérience qui a marqué Justin Mast. Le cofondateur explique avoir découvert les travaux consacrés à une plante d’intérieur installée sur un support motorisé. Lorsque la plante avait besoin de davantage de lumière, des signaux électriques traversant ses tissus étaient détectés par une carte de contrôle, qui déplaçait ensuite le végétal vers une source lumineuse.
Cette expérience a conduit Mast à s’associer à Lee von Kraus, un neuroscientifique ayant travaillé avec la DARPA. Les deux fondateurs ont créé Electric Plant, qui collecte depuis trois ans des données destinées à entraîner Bombadil. Leur objectif est d’interpréter les signaux électriques subtils mesurés dans les plantes pour renseigner les cultivateurs sur leurs besoins.
Le modèle est présenté comme capable d’interpréter les signaux d’environ 125 espèces. La liste citée par Justin Mast va des fougères et des séquoias aux tomates et aux dahlias. Il affirme qu’il s’agit du modèle le plus diversifié jamais créé à partir de signaux électriques biologiques, tout en reconnaissant qu’aucun équivalent n’aurait été réalisé dans le monde animal.
Un dispositif associé au cloud
Electric Plant utilise des capteurs fixés sur les plantes à l’aide de vis en acier inoxydable. Ces vis doivent pénétrer le cambium, une couche de tissu vivant située sous l’écorce, afin de se connecter aux variations de l’ordre du microvolt présentes dans la plante.
Les capteurs, dont la taille est décrite comme proche de celle d’un iPhone plié dans le sens de la longueur, transmettent les données à une station de base au moyen d’un réseau sans fil basse consommation. Bombadil traite ensuite ces informations dans le cloud. Les résultats sont renvoyés au client, qui peut notamment s’en servir pour modifier ses calendriers d’arrosage ou de fertilisation.
Justin Mast affirme que le dispositif nécessite seulement deux capteurs environ par acre pour fournir des résultats précis. Il indique également que les capteurs coûtent quelques dizaines de dollars, contre plusieurs milliers de dollars pour certains outils existants. Ces éléments correspondent aux déclarations du dirigeant et ne constituent pas, dans la source, une comparaison indépendante des performances ou des coûts.
Une approche différente des outils actuels
Dans les serres contrôlées comme dans les exploitations agricoles, les cultivateurs ne disposent pas toujours d’une visibilité complète sur les besoins des plantes. Electric Plant estime que les sondes de sol, les spectroscopes portables et l’imagerie satellitaire apportent déjà des informations utiles, mais qu’ils restent éloignés de l’état interne du végétal et de ses besoins en temps réel.
La startup cherche donc à compléter ces instruments plutôt qu’à décrire une simple mesure de l’humidité ou de la lumière. Son modèle a été entraîné à partir de données issues de ces outils, selon Mast, avant d’être appliqué aux signaux électriques captés directement dans les tissus végétaux.
Le dirigeant avance qu’un tel système pourrait augmenter les rendements tout en réduisant la consommation d’eau d’au moins 20 %. Cette estimation est une affirmation de Mast rapportée par TechCrunch. La source ne fournit ni protocole d’essai, ni résultat détaillé, ni validation indépendante permettant d’en mesurer la portée.
Un marché encore à préciser
Electric Plant n’a pas révélé l’identité de ses premiers clients. Les applications envisagées concernent toutefois l’agriculture et la foresterie, deux secteurs où le suivi de grandes surfaces et la gestion de l’eau constituent des enjeux opérationnels importants.
Le financement doit permettre à la startup de poursuivre la mise au point et la commercialisation de ses capteurs et de Bombadil. À ce stade, la promesse est donc celle d’une infrastructure combinant capteurs, transmission sans fil, traitement cloud et modèle d’IA spécialisé. La source ne précise pas le calendrier de déploiement, les conditions commerciales ni les performances obtenues en production.
Concrètement, si les mesures et l’interprétation se confirment, les cultivateurs pourraient disposer d’un signal supplémentaire pour décider quand arroser ou fertiliser. Pour Electric Plant, l’enjeu immédiat sera de démontrer que cette lecture des signaux électriques apporte une valeur mesurable au-delà des outils déjà utilisés, tout en prouvant que le modèle reste fiable lorsque les espèces, les environnements et les surfaces changent.
Source : Plants can speak using electricity, so this startup built an AI model to decipher their language
