Les véhicules capables de conduire sans intervention active du conducteur pourraient bientôt disposer d’un nouveau signal visuel aux États-Unis. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a proposé l’utilisation de feux cyan pour indiquer qu’un véhicule fonctionne en mode autonome. Il s’agit à ce stade d’un projet de réglementation, et non d’une obligation entrée en vigueur.
Un signal destiné aux secours et aux forces de l’ordre
La généralisation progressive des systèmes de conduite automatisée pose un problème pratique : comment reconnaître immédiatement qu’un véhicule roule sans qu’une personne soit responsable de sa conduite ? La question concerne notamment les interventions d’urgence. Un policier ou un secouriste doit pouvoir comprendre qu’une absence de conducteur au volant ne signifie pas nécessairement qu’une personne est portée disparue ou qu’un occupant doit être recherché dans le véhicule.
Selon la proposition présentée par la NHTSA, une nouvelle couleur de feu pourrait fournir cette information aux autres usagers et aux intervenants. Le cyan serait réservé à l’indication d’un fonctionnement autonome. La proposition ne décrit donc pas un éclairage décoratif ou une fonction de confort, mais un message visuel standardisé lié à l’état du système de conduite.
Une proposition encore facultative
Le projet américain autoriserait l’installation de ces feux sans les rendre obligatoires. Les constructeurs pourraient donc choisir de les intégrer ou non à leurs véhicules. Cette nuance est importante : la publication du texte ne signifie pas que toutes les voitures autonomes devront immédiatement adopter cette signalisation.
La NHTSA prévoit une période de consultation publique de 30 jours après la publication officielle du projet, sous le numéro de dossier NHTSA-2026-1519. Le contenu final de la réglementation pourrait donc évoluer après les contributions des constructeurs, des équipementiers, des autorités et d’autres parties prenantes.
Le dispositif envisagé comporte plusieurs contraintes de fonctionnement. Les feux devraient s’allumer lorsque le véhicule conduit de manière autonome et s’éteindre dès qu’il ne fonctionne plus dans ce mode. Ils ne devraient jamais être actifs lorsqu’un conducteur conduit effectivement le véhicule. Les différents éléments lumineux devraient fonctionner simultanément et rester visibles depuis tous les angles, avec des marqueurs à l’avant, sur les côtés et à l’arrière, placés à au moins 15 pouces du sol.
Une idée déjà testée par Mercedes
L’idée du cyan avait auparavant été avancée par Mercedes dans le cadre de son système DRIVE PILOT. Le constructeur allemand associe ce dispositif à une conduite automatisée de niveau 3 dans certaines conditions. Cette classification ne doit pas être confondue avec les systèmes de niveau 2, pour lesquels le conducteur reste responsable de la conduite, même lorsque certaines fonctions sont activées.
La source indique que Mercedes a expérimenté cette signalisation en Californie pendant deux ans. La NHTSA aurait ensuite travaillé sur une approche nationale, avec l’appui de la Society of Automotive Engineers (SAE). Ces éléments décrivent un retour d’expérience et une proposition réglementaire, pas une validation générale de la sécurité de tous les systèmes autonomes.
Les conditions d’utilisation du DRIVE PILOT restent par ailleurs limitées. La source précise que le système présenté ne fonctionnait pas la nuit ni par mauvais temps. Cette restriction illustre pourquoi la présence de feux cyan ne suffirait pas à informer sur les capacités exactes d’un véhicule : elle indiquerait un mode de fonctionnement, sans résumer ses limites techniques ou son domaine d’emploi.
Des règles adaptées aux véhicules sans commandes classiques
Le texte de la NHTSA ne porte pas uniquement sur la signalisation lumineuse. Il propose aussi de modifier certaines exigences des Federal Motor Vehicle Safety Standards afin de tenir compte de véhicules autonomes dont la conception diffère de celle d’une automobile traditionnelle.
Un exemple concerne le clignotant, dont l’extinction automatique est actuellement liée à un mouvement du volant. Cette exigence ne s’appliquerait pas de la même manière à un véhicule dépourvu de volant. Le projet prévoit également davantage de souplesse pour certaines règles relatives aux projecteurs et aux affichages destinés au conducteur.
Vers un langage commun de la mobilité autonome
La Chine a présenté cette même semaine un projet de norme proposant une couleur turquoise pour les véhicules autonomes. Ce texte, qui pourrait entrer en vigueur en 2028, serait lui aussi facultatif. Les autorités chinoises cherchent notamment à remplacer la multiplication de solutions propriétaires par un système commun.
Pour les usagers, l’enjeu concret est la lisibilité : un même signal pourrait faciliter les interactions avec un véhicule sans conducteur humain actif. Pour les secours, une indication standardisée réduirait le risque d’interprétation erronée lors d’une intervention. Pour les constructeurs, la consultation américaine ouvre toutefois une période d’incertitude sur l’adoption réelle du dispositif et sur ses éventuelles évolutions.
La prochaine étape sera donc l’examen public du projet. Tant que cette procédure n’est pas achevée, le cyan doit être considéré comme une solution proposée, et non comme un standard obligatoire. La question centrale restera de vérifier que ce langage lumineux améliore effectivement la compréhension des véhicules autonomes sans donner une impression trompeuse de sécurité ou de capacité.
Source : electrek.co
