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Giraffe Bio lève 6,4 millions pour extraire plus de cuivre

Giraffe Bio a levé 6,4 millions de dollars pour développer des composés biologiques adaptés à la composition minérale de chaque mine. La startup affirme que sa technologie pourrait augmenter la récupération du cuivre jusqu’à 5 % tout en remplaçant certains produits chimiques toxiques.

Particules cuivrées séparées dans un bain entourées de formes biomoléculaires

Giraffe Bio veut appliquer la biotechnologie à un problème qui concerne directement l’électrification et les infrastructures numériques : la récupération du cuivre. La startup a levé un tour de financement d’amorçage de 6,4 millions de dollars afin de faire sortir sa technologie du laboratoire et de l’intégrer aux procédés miniers existants.

Le tour est mené par Orion Industrial Ventures, avec la participation de BHP Ventures, Twynam, Air Capital et Baruch Future Ventures. Cette opération a été rapportée en exclusivité par TechCrunch. La source ne précise ni la valorisation de Giraffe Bio ni le calendrier de déploiement commercial de sa solution.

Des composés conçus pour chaque mine

Giraffe Bio développe des produits chimiques spécifiques aux minéraux présents dans chaque mine. Selon l’entreprise, cette adaptation à la composition minérale locale lui permettrait de récupérer jusqu’à 5 % de cuivre supplémentaire. Alejandro Buffo Sempé, cofondateur et directeur général de la startup, a déclaré à TechCrunch qu’une amélioration de cette ampleur était particulièrement significative dans le secteur minier, où un gain de 1 à 2 % serait déjà considéré comme intéressant.

La société ne cherche pas, dans son approche décrite par la source, à introduire directement des bactéries dans le minerai. Elle fait croître des micro-organismes modifiés dans un bioréacteur afin de produire les biomolécules recherchées. Ces composés sont ensuite ajoutés au procédé déjà utilisé par la mine.

Cette distinction constitue le cœur de la proposition technologique de Giraffe Bio. L’entreprise affirme pouvoir exploiter les capacités biologiques des micro-organismes sans devoir maintenir ces derniers en vie dans un environnement minier. Son dirigeant présente cette méthode comme une manière de réduire la complexité opérationnelle associée à l’utilisation directe de microbes.

Une application dans la flottation

Les composés de Giraffe Bio sont destinés au procédé de flottation. Cette étape utilise des produits chimiques dans un bain d’eau pour faire flotter certains minéraux et en faire couler d’autres. Les opérateurs peuvent ensuite récupérer les éléments qui se concentrent à la surface.

Le principe avancé par la startup repose sur la sélectivité de ses molécules. Plus celles-ci se lient précisément aux minéraux recherchés, plus la quantité récupérée peut augmenter, selon l’explication fournie par Giraffe Bio. L’entreprise affirme être capable de cibler le cuivre tout en limitant la capture d’autres éléments.

La plateforme vise également les produits appelés déprimants. Dans la flottation, ces composés se lient à des éléments indésirables, comme l’arsenic, afin de les faire couler et de laisser les minéraux recherchés dans la partie récupérable du mélange. Le directeur général indique que Giraffe Bio développe aussi des déprimants à partir de la même plateforme biotechnologique.

Une technologie présentée comme plus ciblée

Giraffe Bio affirme que ses biomolécules pourraient remplacer la fonction de certains produits chimiques habituellement employés dans la flottation et présentés par l’entreprise comme nocifs pour l’environnement. Cette promesse concerne le rôle joué par ces substances dans le procédé, mais la source ne fournit pas de comparaison indépendante sur leur toxicité, leur coût, leur efficacité industrielle ou leur bilan environnemental.

La startup commence par le cuivre, mais elle indique que sa plateforme pourrait être adaptée à d’autres minéraux. Alejandro Buffo Sempé cite notamment l’or et l’argent. Il s’agit toutefois d’une capacité revendiquée par l’entreprise, et non d’un déploiement détaillé dans la source.

Un contexte de tension sur le cuivre

La levée intervient alors que la demande mondiale de cuivre est décrite comme poussée par le développement des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle et par l’électrification de l’économie. Le contenu source reprend également une estimation selon laquelle l’offre pourrait être inférieure de 25 % à la demande en 2040.

Dans ce contexte, l’industrie minière augmente généralement sa production en ouvrant de nouvelles mines. Cette stratégie est coûteuse et incertaine : le texte indique que seulement 0,3 % des projets miniers potentiels aboutissent habituellement. D’autres jeunes pousses explorent donc des méthodes destinées à améliorer la quantité de cuivre extraite des sites existants, notamment grâce à des microbes ou à des substances favorisant leur activité.

Giraffe Bio se distingue de ces approches par la production de molécules conçues pour un minerai donné plutôt que par l’ajout direct de microbes dans le processus. La prochaine étape concrète annoncée est le passage de la technologie hors du laboratoire grâce au financement obtenu. Pour les exploitants, l’enjeu sera de vérifier sur site la récupération supplémentaire annoncée, la compatibilité avec les installations existantes et la capacité de ces biomolécules à réduire effectivement l’usage de produits plus nocifs.

Source : Giraffe Bio aims its bespoke biomolecules at the looming copper shortage