Le président américain Donald Trump a menacé Bombardier de l’empêcher de vendre ses avions aux États-Unis si le constructeur canadien ne déplaçait pas sa production sur le territoire américain. La menace, formulée dans une publication sur Truth Social, intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les deux pays.
« NO MORE SELLING BOMBARDIER IN THE UNITED STATES! », a écrit Donald Trump, en ajoutant que l’entreprise devait construire aux États-Unis si elle voulait accéder au marché américain. À ce stade, la source ne précise ni le mécanisme juridique envisagé ni la possibilité concrète de bloquer les ventes de Bombardier. La Maison-Blanche n’est pas citée comme ayant annoncé une mesure formelle.
Une entreprise déjà implantée en Amérique du Nord
Bombardier, dont le siège se trouve à Montréal, fabrique ses avions dans des installations situées au Canada, aux États-Unis et au Mexique, selon les informations présentées sur le site de l’entreprise. Le groupe exploite déjà une usine à Wichita, dans l’État du Kansas, qui construit des avions de mission spéciale et emploie 3 500 personnes aux États-Unis.
Cette implantation complique la lecture d’une éventuelle restriction fondée sur la localisation de la production. Les avions de Bombardier sont intégrés à une chaîne industrielle nord-américaine répartie entre plusieurs pays. La société indique également que ses appareils respectent l’accord de libre-échange nord-américain conclu pendant le premier mandat de Donald Trump, appelé CUSMA au Canada et USMCA aux États-Unis.
L’exposition commerciale de Bombardier au marché américain est importante. Environ la moitié de sa flotte, qui compte 5 100 appareils, est exploitée par des clients basés aux États-Unis. La source ne détaille toutefois pas la part exacte des ventes, des livraisons ou du chiffre d’affaires du groupe dépendant de ce marché.
Une menace qui s’inscrit dans une escalade tarifaire
La prise de position américaine intervient quelques heures avant l’entrée en vigueur annoncée de droits de douane canadiens sur 20 milliards de dollars de produits américains. Les négociations commerciales entre Ottawa et Washington ont par ailleurs échoué à la fin du mois précédent. Après cette rupture, les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane de 50 % sur plusieurs catégories de produits canadiens, selon la BBC.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a qualifié les dernières conditions américaines d’inéquitables et d’économiquement intenables. Des responsables américains l’ont accusé d’avoir refusé un accord pour des raisons politiques, ce qu’il a démenti. L’affaire Bombardier élargit ainsi la confrontation au secteur aéronautique, une industrie où les chaînes de valeur, les certifications et les contrats s’inscrivent sur plusieurs marchés.
Impact observé et risques pour la chaîne industrielle
L’impact immédiatement documenté reste limité à une menace publique : aucune interdiction de vente ni nouvelle procédure réglementaire n’est confirmée dans les éléments disponibles. En revanche, la déclaration crée une incertitude pour Bombardier, ses clients américains et ses fournisseurs répartis en Amérique du Nord.
Mise à jour du 9 septembre 2026 : la menace n’avait pas été transformée en interdiction. Bombardier continuait de livrer des appareils à des clients américains et recrutait encore environ 500 personnes aux États-Unis. Selon Reuters, la Maison-Blanche examinait des options, sans qu’une mesure d’interdiction des ventes soit alors entrée en vigueur.
- Pour Bombardier : une restriction d’accès au marché américain pourrait compliquer la commercialisation de ses avions et augmenter la pression pour modifier l’organisation industrielle du groupe.
- Pour les clients : l’absence de règles précises rend incertain le traitement des commandes et des livraisons futures si une mesure officielle était annoncée.
- Pour les fournisseurs : une exigence de production nationale pourrait perturber la répartition actuelle des activités entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
- Pour le commerce régional : le dossier met à l’épreuve les règles de l’USMCA et la stabilité des échanges industriels nord-américains.
Ces conséquences relèvent encore du risque et du scénario, et non d’un effet économique déjà mesuré. La mise en œuvre d’une interdiction dépendrait notamment de la base juridique retenue, de son articulation avec l’accord commercial nord-américain et de son périmètre exact.
Le Canada refuse de céder sur la localisation
Christine Fréchette, première ministre du Québec, a déclaré que Bombardier constituait une entreprise importante pour la province et qu’elle avait proposé le soutien de son gouvernement au directeur général Éric Martel. Elle a également indiqué que le Québec ne laisserait pas un autre pays dicter où ses entreprises doivent produire pour accéder à un marché.
Bombardier a contribué à hauteur de 7,4 milliards de dollars canadiens au produit intérieur brut du Canada en 2024, selon une étude commandée par l’entreprise. Le groupe figure aussi parmi les grands employeurs du secteur manufacturier québécois. Ces données expliquent pourquoi une mesure visant ses ventes américaines aurait une portée industrielle et politique dépassant le seul constructeur.
Le fait confirmé est donc une menace présidentielle, dans un contexte de représailles tarifaires annoncées et de négociations interrompues. Le scénario à surveiller est celui d’une traduction éventuelle de cette déclaration en restriction commerciale. Sans décision officielle, il est prématuré de conclure à une rupture des flux aéronautiques, mais l’épisode illustre la vulnérabilité des chaînes industrielles intégrées face à l’usage politique de l’accès au marché.
Source : BBC News — « Trump threatens to stop sale of Canadian Bombardier jets in US » (2026-09-08).
