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Flox Intelligence mise sur l’IA embarquée contre la faune

Flox Intelligence développe des appareils edge capables d’identifier les animaux à proximité d’infrastructures et d’émettre des sons adaptés à chaque espèce. La jeune pousse issue du KTH Royal Institute of Technology veut étendre cette technologie à d’autres machines opérant en extérieur.

Appareil sur poteau, silhouette animale et ondes sonores autour d’une infrastructure

Flox Intelligence développe un système d’intelligence artificielle embarquée destiné à éloigner la faune des infrastructures critiques. Ses appareils peuvent détecter un mouvement, identifier l’animal présent et déclencher un son adapté à l’espèce afin de le dissuader de s’approcher. La technologie vise notamment les voies ferrées, les routes, les aérodromes et les périmètres aéroportuaires.

La société est issue du KTH Royal Institute of Technology, à Stockholm, et a été créée en 2020. Elle a été fondée par Sara Nozkova, qui avait auparavant travaillé pendant 13 ans dans les transports et les véhicules autonomes. Selon elle, les systèmes conçus pour des environnements contrôlés atteignent plus vite leurs limites lorsque la nature intervient.

Une détection réalisée directement sur le terrain

Les appareils de Flox traitent les données sur place plutôt que dans le cloud. Un capteur de mouvement active le dispositif lorsqu’il détecte une présence. Une caméra est alors déclenchée et des modèles exécutés sur l’appareil tentent d’identifier l’animal à proximité. Le système émet ensuite un son présenté comme adapté à l’espèce détectée.

Cette architecture edge permet à Flox de concentrer le traitement au niveau du dispositif installé sur le terrain. La société affirme également que son système apprend de l’expérience et varie ses réponses afin que les animaux ne s’habituent pas à des signaux répétés. Le texte source ne fournit toutefois pas de mesure indépendante de l’efficacité de cette méthode ni de comparaison chiffrée avec les dispositifs traditionnels.

Les unités actuellement commercialisées fonctionnent sur batterie. Elles peuvent être fixées à des poteaux, à des arbres ou à d’autres structures. Flox propose aussi une plateforme logicielle permettant aux clients de visualiser l’emplacement des appareils et ce qui se passe sur le terrain. Cette plateforme peut produire des rapports pour la conformité réglementaire ainsi que pour des usages de suivi de la biodiversité.

Des applications déjà réparties sur plusieurs territoires

Sara Nozkova indique qu’environ 150 appareils Flox sont actifs en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Ils sont déployés sur des aérodromes et autour d’aéroports, le long de routes et de voies ferrées, dans des parcs nationaux, sur des terres agricoles et dans des zones urbaines. La société cite aussi des sites miniers et des infrastructures critiques, comme des sous-stations électriques.

Les corridors de déplacement de la faune, les extrémités de clôtures et les points de franchissement figurent parmi les zones ciblées. L’objectif déclaré est de limiter les interactions entre les animaux et les infrastructures sans recourir uniquement aux sirènes, aux éclairages, aux clôtures, aux rapaces ou à l’élimination d’animaux. Le système ne constitue pas pour autant une garantie d’évitement dans toutes les situations.

Le modèle commercial combine la vente initiale des unités edge et un abonnement annuel au logiciel et à l’intelligence artificielle après la première année. Flox dispose également de partenariats OEM avec des entreprises qui déploient son logiciel sur des véhicules. Alstom, fabricant de trains, est cité comme l’un de ces partenaires.

Une levée envisagée pour changer d’échelle

Flox prévoit de terminer 2026 avec environ 1,5 million de dollars de revenus, selon Sara Nozkova. La société indique avoir levé près de 5 millions de dollars lors de tours de financement de pré-amorçage et d’amorçage. Le tour d’amorçage a été mené par Unconventional Ventures et Tilia Impact Ventures, avec la participation de GENIUS NY, Norrsken, Satgana et d’investisseurs providentiels.

L’entreprise ouvre désormais une série A de 10 millions de dollars. D’après sa fondatrice, ces fonds serviraient principalement à passer d’environ 150 appareils à plusieurs milliers d’unités déployées et à étendre le système au-delà de ses usages actuels liés à la faune. Cette opération reste une démarche de financement annoncée, et non un montant déjà levé.

Flox n’est pas seule sur ce marché. Robin Radar commercialise Scarecrow, qui utilise des cris de détresse spécifiques aux espèces pour disperser les oiseaux et enregistrer l’activité. iCHASE propose de son côté un système reposant sur la vision par ordinateur et un laser mobile pour cibler les oiseaux.

La portée technologique reste à démontrer

Pour Sara Nozkova, l’avantage de Flox repose sur l’étendue du système et sur les données recueillies sur le terrain. Elle présente cette approche comme une nouvelle couche de perception destinée aux machines opérant à l’extérieur, notamment les trains, les camions, les drones, les tracteurs et les robots. Le projet de rendre le logiciel portable sur ces machines est présenté comme un objectif à plus long terme.

Concrètement, Flox associe donc capteurs, vision par ordinateur, modèles exécutés en périphérie et réponse sonore différenciée. Si les déploiements et les financements annoncés se concrétisent, la société pourrait fournir aux exploitants un outil supplémentaire pour surveiller les interactions entre infrastructures et animaux. La portée réelle de cette proposition dépendra toutefois de sa capacité à fonctionner dans des environnements variés, à maintenir des réponses adaptées et à démontrer des résultats mesurables sur le terrain.

Source : Flox Intelligence is building AI to keep wildlife away from trains, airports, and roads