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Washington allège certains droits de douane sur le Canada

Les États-Unis vont exempter plusieurs produits canadiens de leurs droits de douane de 50 % à partir du 30 octobre, sans mettre fin au différend commercial. Cette décision réduit la pression sur certains secteurs frontaliers, mais maintient l’incertitude pour les entreprises nord-américaines.

Conteneurs de transport sans marquage dans une composition neutre

Les États-Unis modifieront à partir du 30 octobre une partie des droits de douane imposés aux produits canadiens. La Maison-Blanche a annoncé l’exemption de plusieurs catégories, dont les panneaux de contreplaqué, certains produits en papier, des machines et des équipements de réfrigération. Des caisses et boîtes d’emballage figurent également parmi les articles concernés par l’allègement.

Cette décision ne constitue toutefois pas un accord commercial. Washington introduira parallèlement des droits sur d’autres catégories, notamment les moquettes et certains « produits résiduels ». Le niveau exact de chaque mesure n’est pas précisé dans l’annonce rapportée, mais les exemptions interviennent dans le cadre de droits américains de 50 % appliqués à environ 20 milliards de dollars de biens canadiens.

Un ajustement ciblé, pas une sortie de crise

Les droits américains avaient été instaurés après l’échec des discussions commerciales entre Washington et Ottawa en août. Le président Donald Trump les justifie par ce qu’il considère comme un traitement inégal des exportations américaines de voitures, de produits laitiers et de boissons alcoolisées. Le gouvernement canadien a répondu par plusieurs contre-mesures, dont une riposte annoncée comme équivalente, dollar pour dollar.

Le changement annoncé le 23 octobre réduit donc la portée des barrières sur certains intrants industriels et agricoles, mais il ne rétablit pas la circulation commerciale antérieure. Pour les entreprises, l’effet dépendra de la composition précise des listes douanières, de la date d’entrée en vigueur et de la capacité des fournisseurs à documenter l’origine des marchandises.

Les produits mentionnés relèvent de chaînes de valeur transfrontalières. Le contreplaqué, le papier, les machines, la réfrigération et les emballages peuvent entrer dans la construction, l’agroalimentaire, la distribution et la transformation industrielle. Une baisse du coût douanier sur ces catégories peut alléger certaines charges, mais l’ajout de nouvelles familles de produits peut déplacer la pression vers d’autres importateurs.

Les États frontaliers au centre de la pression

Le Maine est particulièrement exposé à l’évolution de la relation avec Ottawa. L’État partage une frontière avec le Nouveau-Brunswick et le Québec, tandis que son économie agricole est liée à des flux commerciaux avec le Canada. La sénatrice républicaine Susan Collins a déclaré avoir demandé à plusieurs reprises des exemptions pour des produits utiles aux producteurs de myrtilles, de pommes de terre, de pommes et d’algues de son État.

Le débat intervient moins de deux semaines avant les élections américaines de mi-mandat. Ces élections détermineront le contrôle du Congrès pour les deux dernières années du mandat présidentiel. Le calendrier donne à l’annonce une dimension politique, mais son contenu produit aussi un effet commercial concret pour les entreprises qui importent ou exportent les catégories visées.

Les zones américaines dépendantes du commerce avec le Canada subissent déjà les effets des mois de confrontation tarifaire. Dans le Michigan, le républicain Mike Rogers a lui aussi demandé la fin de l’impasse, alors que son État dépend fortement des échanges transfrontaliers. Ces prises de position illustrent la difficulté de maintenir des droits élevés lorsque les fournisseurs, les clients et les emplois sont répartis des deux côtés de la frontière.

Ottawa maintient l’option d’un accord plus large

Le ministre canadien du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, a déclaré qu’Ottawa évaluait les nouvelles mesures et restait prêt à négocier « de bonne foi ». Le comité consultatif sur les relations économiques canado-américaines s’est réuni pour la neuvième fois depuis avril 2026 afin d’examiner les effets persistants des droits américains au Canada.

Le Premier ministre Mark Carney a indiqué que son pays restait ouvert à un accord mutuellement avantageux, tout en se disant prêt à attendre. Selon ses déclarations rapportées par la chaîne canadienne CBC, un accord pourrait être conclu rapidement si Washington était disposé à avancer, mais Ottawa accepterait aussi un délai de plusieurs mois, voire un changement d’administration.

Donald Trump a pour sa part affirmé que le Canada travaillait activement à un accord. Cette déclaration et les exemptions sectorielles peuvent signaler une volonté de maintenir un canal de négociation, sans toutefois modifier le rapport de force instauré depuis l’échec des discussions d’août.

Une visibilité encore limitée pour les chaînes d’approvisionnement

À court terme, les entreprises des secteurs exemptés disposent d’un allègement annoncé, mais pas d’une visibilité complète. Les droits restent susceptibles d’évoluer, les contre-mesures canadiennes demeurent en place et de nouvelles catégories américaines doivent être ajoutées. Les importateurs devront donc continuer à intégrer un risque réglementaire élevé dans leurs contrats et leurs décisions d’approvisionnement.

Le scénario le plus favorable serait une extension progressive des exemptions, suivie d’un accord commercial plus large. À l’inverse, une nouvelle rupture des négociations pourrait réactiver la pression sur les secteurs actuellement épargnés. Dans les deux cas, la décision du 30 octobre confirme que le différend canado-américain se joue désormais par ajustements successifs, avec des conséquences directes sur les coûts et la prévisibilité des échanges nord-américains.

Source : www.bbc.co.uk