Engie a commencé la construction de son premier projet français associant directement une centrale solaire et un système de stockage par batteries. Baptisé Parc du Buisson, le site est situé à Saint-Jean-Froidmentel, dans le Centre-Val de Loire, sur l’emprise d’une ancienne carrière.
Le projet doit réunir une installation photovoltaïque de 29,8 MW et un système de stockage d’énergie par batteries d’une capacité de 20 MWh. Engie prévoit une mise en service complète en décembre 2027, après une étape de raccordement programmée durant l’été de la même année.
Un premier projet solaire et stockage colocalisé
Le Parc du Buisson occupera environ 23 hectares et comprendra près de 46 000 panneaux solaires. Les batteries seront installées sur le même site que les équipements photovoltaïques, plutôt que dans une implantation séparée. Cette configuration doit permettre de mutualiser une partie des infrastructures électriques et du raccordement au réseau.
La puissance de sortie annoncée pour la batterie atteint 8,8 MW. À pleine puissance, le système pourra donc restituer son énergie pendant un peu plus de deux heures, selon les données communiquées pour le projet. Il s’agit d’un dispositif de stockage stationnaire destiné à déplacer dans le temps une partie de l’électricité produite par la centrale solaire.
Décaler la production vers les périodes de demande
En journée, lorsque l’ensoleillement est important, les panneaux peuvent produire davantage d’électricité que ce qui est immédiatement valorisable par le réseau ou le marché. La batterie doit absorber une partie de cette production, puis la restituer lorsque la demande est plus élevée ou lorsque la production photovoltaïque diminue.
Ce fonctionnement ne crée pas d’énergie supplémentaire et ne garantit pas à lui seul un équilibre du réseau. Il modifie le moment auquel l’électricité est injectée, ce qui peut contribuer à limiter certains écarts entre production solaire et consommation. L’intérêt opérationnel dépendra notamment des règles de pilotage, des conditions de marché et des contraintes locales du réseau.
Engie présente également la colocalisation comme un moyen de réduire le nombre de demandes de raccordement et les coûts associés. Le parc solaire et la batterie partageront une liaison d’environ 11 kilomètres vers un poste électrique. Cette mutualisation peut simplifier l’architecture du projet, sans supprimer les travaux nécessaires pour renforcer et sécuriser le raccordement.
Un chantier prévu jusqu’en 2027
Les travaux ont débuté en septembre 2026 avec les opérations de terrassement et la création des voies d’accès. Les prochaines étapes annoncées comprennent la réalisation des fondations, l’installation des structures de support et des modules photovoltaïques, puis le déploiement des conteneurs de batteries et des équipements électriques.
Le raccordement au réseau est attendu durant l’été 2027. Engie vise ensuite une entrée en fonctionnement de l’ensemble du projet en décembre 2027. À ce stade, le Parc du Buisson est donc un chantier en construction, et non une installation déjà opérationnelle. Les capacités annoncées correspondent aux caractéristiques prévues du projet.
Une installation sur une ancienne carrière
Le choix d’une ancienne carrière permet d’utiliser un terrain déjà transformé par une activité industrielle, plutôt que de développer le projet sur un site agricole présenté comme vierge. La source ne détaille toutefois pas les mesures environnementales, les modalités de remise en état du site ou les dispositions retenues pour limiter les impacts du chantier et de l’exploitation.
Le projet doit aussi produire des retombées fiscales locales. Engie estime à 122 000 euros par an les recettes fiscales destinées aux collectivités. La commune doit par ailleurs recevoir près de 90 000 euros dans le cadre du dispositif « Bon Énergie » de l’entreprise. Ces montants relèvent des prévisions communiquées par Engie et ne constituent pas un bilan fiscal déjà réalisé.
Le stockage dans la stratégie d’Engie
Le groupe indique disposer de 10,7 GW de capacité de stockage en exploitation ou en construction à l’échelle mondiale. Le projet français s’inscrit ainsi dans une activité internationale de stockage, mais il constitue une première pour Engie dans l’association colocalisée d’une centrale solaire et d’une batterie en France.
La combinaison des deux technologies répond à un enjeu croissant des réseaux électriques : intégrer une production solaire variable tout en conservant une capacité de livraison en dehors des heures de fort ensoleillement. Son efficacité réelle devra être évaluée après la mise en service, à partir des données de production, de charge, de disponibilité et d’utilisation du système de batteries.
Source : Engie starts building first co-located solar and battery project in France
